Une fois le professionnel reparti, il reste souvent très peu de choses écrites : une facture, parfois quelques mots oraux. Pourtant, c'est ce qui a été constaté et réalisé ce jour-là qui permet ensuite de savoir si la situation évolue, de comparer avec un second avis ou de relancer le prestataire sur des éléments précis. Cette fiche propose un modèle de relevé après passage, à demander ou à remplir vous-même.
Ce modèle est un outil pratique à adapter à chaque traitement. Il sert surtout à ne pas repartir de zéro à la visite suivante.
Pourquoi garder une trace écrite
Sans relevé, trois situations reviennent souvent : on ne sait plus quelles pièces ont été inspectées, on ignore si un produit a été utilisé, et on ne peut pas dire ce qui était convenu pour la suite. Un document court, daté, évite ces zones floues. Il aide aussi à poser des questions concrètes si les indices reviennent.
Le modèle de relevé
Le tableau ci-dessous liste les rubriques utiles. La colonne de droite donne des exemples volontairement illustratifs : ils ne décrivent pas un cas réel.
| Rubrique | Ce qu'il faut noter | Exemple illustratif |
|---|---|---|
| Date et intervenant | Jour du passage, nom de l'entreprise, nom de la personne venue | « Passage du 12, technicien de l'entreprise X » |
| Zones vues | Pièces, locaux et accès réellement inspectés, ainsi que ceux non visités | « Cuisine, cellier, local poubelles vus ; combles non accessibles » |
| Méthode | Ce qui a été fait : inspection, pose de dispositifs, traitement, obturation d'accès | « Inspection puis pose de points de contrôle dans le cellier » |
| Produit si utilisé | Nom commercial, lieux d'application, consignes données pour la suite | « Produit appliqué dans le cellier, ne pas nettoyer ces plinthes » |
| Constat | Indices observés, localisation, ampleur ressentie, hypothèse sur l'origine | « Traces près d'une canalisation, origine à confirmer » |
| Recommandations | Actions à votre charge ou à la charge d'un tiers (syndic, propriétaire, bailleur) | « Ranger les cartons au sol, signaler le local poubelles au syndic » |
| Prochain contrôle | Ce qui est prévu ou non : visite, appel, nouvelle vérification, et à quelle condition | « Prévenir l'entreprise si de nouveaux indices apparaissent » |
Un exemple rempli, pas à pas
Imaginons un copropriétaire qui a constaté des traces dans son cellier. Après le passage, son relevé pourrait tenir en quelques lignes :
- Zones vues : cellier et cave, local poubelles de l'immeuble ; garage non visité faute d'accès.
- Méthode : inspection visuelle, puis mise en place de dispositifs de suivi.
- Constat : traces concentrées le long d'un mur, cause non établie avec certitude.
- Recommandations : libérer le pied des murs, vérifier la fermeture de la porte du local.
- Prochain contrôle : à définir avec l'entreprise si les indices persistent.
Notez que ce relevé ne prétend pas identifier une espèce avec certitude. Mieux vaut écrire « à confirmer » qu'une affirmation que personne n'a vérifiée.
Produit utilisé : ce que vous pouvez vérifier
Si un traitement chimique est réalisé, la rubrique « produit » prend de l'importance. Les produits biocides relèvent du règlement européen 528/2012. Côté personnes, le Certibiocide est individuel : il est délivré à une personne. Depuis 2024, il existe trois catégories :
- nuisibles (TP14, TP18, TP20) ;
- désinfectants (TP2, TP3, TP4) ;
- autres usages (TP8, TP15, TP21).
L'application CERTIBIOCIDE, indiquée par le ministère de la Transition écologique, permet de contrôler la validité d'un certificat. Vous pouvez donc demander le nom de la personne qui intervient et vérifier sa situation, y compris la catégorie correspondant au produit prévu, plutôt que de vous fier à une mention générale sur un site ou un document commercial.
Deux distinctions évitent des confusions courantes. Un inventaire de produits comme BioCID n'est pas une autorisation individuelle de la personne qui les applique. Et la détention d'un certificat par un technicien ne vaut pas garantie de résultat : elle renseigne sur une habilitation, pas sur l'issue du traitement.
Le relevé commence dès le devis
La DGCCRF range la dératisation et la désinsectisation parmi les activités de dépannage et d'entretien concernées par le devis. Avant tout engagement, elle invite à préciser le périmètre de la prestation et ses conditions. Le relevé après passage se prépare donc en amont. Au moment de comparer des propositions, vous pouvez demander :
- quelles zones seront inspectées, et lesquelles ne le seront pas ;
- quelle méthode est prévue et, si un produit est envisagé, comment il sera indiqué ;
- ce qui est prévu après le passage, y compris en cas de retour des indices ;
- sous quelle forme vous recevrez le compte rendu.
La fiche DGCCRF ne mentionne aucune garantie universelle de disparition ni délai contractuel standard. Si un prestataire en annonce une, demandez que la condition figure par écrit dans le devis, avec ses limites, et pas seulement à l'oral.
Comment utiliser le document ensuite
Classez le relevé avec le devis et la facture, puis ajoutez vos propres observations datées : nouveaux indices, zones calmes, travaux récents. Si vous devez solliciter un autre professionnel, ce dossier lui évite de reconstituer l'historique. Il vous donne aussi une base factuelle pour échanger avec un syndic, un propriétaire ou un bailleur lorsqu'une cause relève d'un tiers.
Quand vous contactez une entreprise repérée dans l'annuaire, demandez-lui directement si le devis est payant ou gratuit, sous quel délai elle peut passer et sous quelle forme elle remet son compte rendu.
À retenir
- Un relevé utile tient en sept rubriques : date, zones vues, méthode, produit, constat, recommandations, prochain contrôle.
- Distinguez ce qui a été vu, ce qui a été fait et ce qui reste à confirmer.
- Pour un produit biocide, demandez le nom de l'intervenant et vérifiez son Certibiocide dans l'application CERTIBIOCIDE.
- Précisez périmètre et conditions dès le devis, y compris la forme du compte rendu.
- Adaptez le modèle au traitement réalisé : tous les passages ne comportent pas de produit ni de pose de dispositifs.

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