Quand un professionnel propose de traiter un logement, il manipule souvent un produit biocide. Ce mot recouvre un cadre européen, le règlement (UE) n° 528/2012, et des règles françaises dont il faut distinguer deux niveaux : le produit d’un côté, la personne qui l’utilise de l’autre. Cette fiche donne une grille pour lire une étiquette ou un devis.
Produit et utilisateur : deux questions différentes
Les confusions viennent presque toujours d’un mélange entre trois notions :
- le produit : son statut relève du cadre biocide, et sa présence à l’inventaire BioCID, alimenté par les déclarations des industriels, n’autorise pas une personne à l’utiliser ;
- la personne : le Certibiocide est un certificat individuel, délivré à une personne et non à un produit ;
- le résultat : la certification d’un technicien ne vaut pas garantie de résultat.
Savoir qu’un intervenant détient un certificat répond donc à une question seulement : est-il certifié pour telle catégorie de produits ? Cela ne dit rien de la pertinence du traitement choisi pour votre situation.
Les trois catégories de Certibiocide depuis 2024
Depuis 2024, le certificat s’organise en trois catégories, chacune associée à des types de produits désignés par un code « TP » :
| Catégorie | Types de produits concernés |
|---|---|
| Nuisibles | TP14, TP18, TP20 |
| Désinfectants | TP2, TP3, TP4 |
| Autres | TP8, TP15, TP21 |
Pour un problème de nuisibles dans un logement, la catégorie « nuisibles » est celle qui vous concerne en premier lieu. Si un devis mentionne aussi de la désinfection, rien n’interdit de demander à quelle catégorie correspond chaque ligne et si l’intervenant est certifié pour elle. La validité d’un certificat peut se vérifier avec l’application CERTIBIOCIDE indiquée par le ministère de la Transition écologique, plutôt que sur la seule parole de l’intervenant.
Grille de lecture d’une étiquette ou d’une fiche produit
Avant de donner votre accord, vous pouvez demander à voir l’étiquette ou la fiche du produit prévu, puis la parcourir avec ces six points :
| Point à relever | Ce qu’on cherche | Question utile |
|---|---|---|
| Cible | Le type de nuisible visé par le produit | Ce produit correspond-il à ce qui a été constaté chez moi ? |
| Usage | Le lieu et le mode d’emploi prévus (intérieur, extérieur, locaux) | Le produit est-il prévu pour la zone où il sera posé ou appliqué ? |
| Utilisateur autorisé | Toute indication d’usage réservé aux professionnels, quand elle figure sur l’étiquette | L’intervenant détient-il le Certibiocide de la bonne catégorie ? |
| Précautions | Les consignes pour les occupants, les animaux, les denrées | Que dois-je prévoir avant et après le passage ? |
| Référence | Le nom exact du produit et ses références d’identification | Pouvez-vous me les écrire sur le devis ? |
| Produit effectivement proposé | La concordance entre étiquette, devis et ce qui est utilisé | Le produit sur place sera-t-il bien celui du devis ? |
Si une mention vous paraît absente ou peu claire, notez-la et posez la question par écrit.
Exemple illustratif
Imaginons, à titre d’exemple, un devis qui indique seulement « traitement nuisibles, produit professionnel ». Rien n’y permet de relier la cible, l’usage ou la référence. Vous pouvez demander une version qui précise le nuisible visé, la zone traitée, le nom du produit et la catégorie de certification de l’intervenant. Une réponse précise facilite la comparaison entre plusieurs propositions. Une réponse évasive est une information en soi, sans prouver pour autant un défaut de conformité.
Ce que la grille ne règle pas
Une étiquette lue correctement ne dit pas si la cause du problème est traitée. Les accès, la nourriture disponible ou l’humidité restent à examiner. Pour cadrer vos observations, le plan anti-nuisibles pour la maison propose une démarche d’ensemble. Si le professionnel envisage des dispositifs de capture plutôt qu’un produit appliqué, consultez les limites des pièges et des appâts. Ces deux pages prolongent la lecture d’étiquette.
Le certificat, le produit et le devis se vérifient directement auprès de l’intervenant, le certificat avec l’application CERTIBIOCIDE.
Questions à poser avant d’accepter
- Quel est le nuisible visé et sur quels indices repose ce choix ?
- Quelle catégorie de Certibiocide détenez-vous, et puis-je en vérifier la validité ?
- Quel produit sera utilisé, avec quelle référence, et où sera-t-il appliqué ou posé ?
- Quelles précautions dois-je respecter pour les occupants et les animaux ?
- Que prévoit le devis en cas de persistance des indices, et à quelles conditions ?
À retenir
- Le Certibiocide est un certificat individuel, distinct du statut du produit.
- Depuis 2024, trois catégories existent : nuisibles (TP14, TP18, TP20), désinfectants (TP2, TP3, TP4) et autres (TP8, TP15, TP21).
- L’inventaire BioCID recense des produits : il n’autorise pas une personne à les utiliser.
- Un technicien certifié ne garantit pas un résultat : c’est le diagnostic et le suivi qui comptent.
- Demandez la cible, l’usage, la référence et la catégorie de certification par écrit avant de comparer des devis.

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